Guigui à l’Étape Design à la Web School Factory

Geoffrey Dorne et Bruno Faure sont responsables pédagogiques à la Web School Factory. Ils ont mis en place L’étape Design, une formation courte pour les jeunes décrocheurs de 17 à 26 ans, souhaitant se réinsérer et intéressés par le métier de webdesigner.

“Une formation hybride aux métiers du Web Design pour des jeunes… tout aussi hybrides !”

La formation a commencé début janvier, avec une vingtaine d’élèves de tous horizons (enfin presque). A chaque fin de projet, soit tous les deux mois environ, des présentations viennent rythmer la formation.

Ce me mois-ci, Geoffrey et Bruno m’ont invité à intervenir et j’ai dit oui. Je ne regrette pas, j’ai beaucoup apprécié cette journée. Voici mon retour d’expérience.

La journée : entre présentations du tonnerre et partage d’expérience

En binôme, les étudiants ont 10 minutes pour présenter leur projet de A à Z : contexte, méthode, client, résultat, code. Le thème du projet était une newsletter. S’en suit 5 minutes pour les remarques et les questions. J’étais là en tant que Jury (en mode Top Chef).

Une fois que tous les projets ont été présentés, j’arrriiiiiiiivvve sur la piiiiiiiiiste.

Geoffrey me présente : je cumule les rôles de designer chez Axance, freelance, ET investisseur de Bloomr (“tu dors de temps en temps ?”).

Je commence par féliciter sincèrement les étudiants pour le boulot qu’ils ont réalisé, leur rendu est quasi professionnel. Ils ont su sortir de leur zone de confort et prouver qu’ils étaient capables de s’approprier une méthodo loin d’être évidente à maîtriser.

Je fais un rapide tour d’horizon sur mon expérience et surtout sur mes débuts. Moi aussi je suis parti de rien. Décrocheur comme eux car l’école de design industriel à 2h de chez moi qui coûtait une fortune était à l’opposé de mes valeurs : je n’étais pas prêt. Mais j’avais un avantage : j’avais récupéré un vieil ordinateur sur lequel j’avais installé un logiciel cracké, Illustrator.

La suite du parcours : j’ai testé et fait des choses par moi-même, j’ai cherché du travail et j’évolue dans le graphisme et l’illustration. Je découvre ce que j’aime et n’aime pas, et 13 ans après, je suis là à leur parler.

Je reviens rapidement sur les différentes étapes de mon parcours pro, les types de travail, client, projet, challenge, difficultés que j’ai pu traversées.

S’en est suivi une session questions / réponses qui m’a bluffée, j’ai été enseveli sous les questions de tous types. Même les formateurs et les parrains ont posé des questions, très intéressés par les coulisses du métier : quel client, vitesse de travail, comment trouver du travail, réalité du freelance, du CDI, statuts pro, métier passion, comment gérer un client, des questions sur ma vie pro et sur ma vie perso, comment je fais, est-ce que je dors, est-ce que j’ai une vie …

Les questions ont même continuées après la session et jusqu’à la porte de sortie.

Vers 17h … 18h, c’est l’heure d’un verre bien mérité.

Les temps forts:

  • Quand j’entends des parents, venus assister aux présentations disent : “je n’aurai jamais pensé qu’elle était capable de faire ça”
  • Quand on me dit dans l’oreillette que les jeunes ont compris qu’ils sont les futurs designers : cette responsabilité a transformé leur attitude.
  • Quand je vois les étudiants fiers et apaisés après leur présentation.

Big up à ces “jeunes décrocheurs”

Des jeunes de tous horizons

A priori on peut se dire qu’une newsletter, ça ne demande pas énormément de taff.

Sauf que quand je disais que ces jeunes venaient de tous horizons, je parlais surtout d’horizons défavorisés, avec tous les stigmates que ça peut représenter : la confiance en soi inexistante, le manque de soutien, le jugement et la pression sociale et peu de moyens financiers (difficile pour entrer dans des écoles hors de prix). Leurs efforts pour réussir ces présentations ont été énormes.

Ce qu’il faut retenir : Tout le monde peut réussir, même si ça demande plus d’efforts, il y a des chemins et solutions pour tout le monde. Le seul fait de se jeter dans le grand bain apporte des résultats. Rester positif également, et ne pas avoir peur de se tromper, de faire des erreurs.

Il n’y pas de honte à décrocher

J’ai décroché malgré la formidable opportunité que l’école pouvait m’apporter. Parfois, les astres ne sont simplement pas alignés.

Un décrochage est généralement perçu comme un échec, avec tous les aspects négatifs que la culture française lui associe. Ces jeunes ou moins jeunes, sont terrifiés par l’idée d’un nouvel échec et absolument pas sereins.

Je pense qu’il y aurait un vrai travail à faire à ce niveau pour faire passer le message que ce n’est pas un drame s’ils n’ont pas été au bout de leur première formation, voire que c’est peut-être une bénédiction parce que ça leur a permis de savoir aujourd’hui ce qu’ils veulent ou ne veulent pas, et le type d’enseignement dont ils ont besoin.

Ce qu’il faut retenir : Vaut-il mieux perdre 2 ans ou 5 ans ? Se rendre compte qu’un type de formation n’est pas adapté à soi est important : si on se sent contraint et stressé, on peut passer à côté d’une formation. Je me sentais mieux à apprendre un métier sur le terrain qu’à l’école, certains préfèrent les cours à distance, d’autres à faire des projets personnels sur leur temps libre. Chacun devrait se connaître pour choisir le type de formation dans lequel il se sent le mieux.

Une formation bloomeuristique

Ces étudiants se retrouvent dans une formation construite sur les mêmes valeurs et méthodes que Bloomr : bienveillance, confiance en soi, expérimentation.

Et les effets sont là !

La plupart de ces étudiants décrocheurs ne savaient même pas ce qu’était Chrome, ou Gmail il y a deux mois. C’est comme si tu demandais à ta grand mère de faire une newsletter, du recueil du besoin jusqu’à l’html. Ils ont su dépasser leur grande timidité, ils ont cru en eux malgré la peur d’être jugés (anecdote: une des jeunes ne voulait pas passer à cause de sa coupe de cheveux !).

Chaque jeune est accompagné d’un parrain : un proche qui le suit dans son aventure. Le rôle du parrain est d’être une épaule bienveillante et solide, une personne en qui l’étudiant a confiance, un guide. Pour la moitié d’entre eux, ce rôle est tenu par leurs parents, ce qui m’a d’ailleurs beaucoup surpris.  Ils ont donc dû se dépasser pour ces parrains également.

Ce qu’il faut retenir : un proche a besoin de soutien dans une nouvelle aventure ? Votre soutien est capital ! Vous avez besoin de soutien dans votre nouvelle aventure ou dans la recherche d’une nouvelle vie professionnelle épanouissante ? Courrez chercher une personne de confiance ! Tout pilote s’accompagne d’un bon co-pilote.

L’importance de partager

Cette journée m’a rappelé l’importance d’être sur le terrain pour partager avec les jeunes : sans ce partage, ce lien entre le monde professionnel et le monde étudiant, étudier perd 80% de son utilité (ou peut-être bien81%).

Chez Bloomr, on essaie de promouvoir ce lien de façon virtuelle, mais difficile d’égaler une intervention physique avec un échange en face à face.

Il n’y a pas que les jeunes qui tirent des bénéfices de ce type d’intervention. J’étais très fier après cette journée, je me suis senti utile, boosté.

Ce qu’il faut retenir : le partage sert à tout le monde. L’être humain est programmé pour transmettre son savoir, c’est ce qui lui a permis de réaliser tant de prodiges sur terre. Transmettez, partagez ! Nous sommes tous des guides pour les générations futures et pour ceux qui se reconvertissent. En transmettant, nous partageons une histoire, un patrimoine. C’est ce que nous encourageons via notre galerie de témoignages de pros sur Bloomr.

La suite (s) ?

Les présentations sont programmées tous les deux mois, et nous aimerions que d’autres webdesigners viennent partager un moment avec ces jeunes.

Si vous êtes intéressé par l’événement, ou que vous aimeriez participer à notre communauté de Bloomeurs, laissez-nous un commentaire et créons ensemble le monde pro de demain (oui, rien que ça) !