[Reconversion] Anne, coach et thérapeute familiale : renouer avec l’humain

Anne est une slasheuse, une vraie. Elle cumule le métier de coach, de thérapeute familiale et d’hypnothérapeute, fruit de 9 ans d’études supplémentaires après une première école de commerce et un début de carrière dans le conseil. Récit de ce tour de force.

Slasheuse dans l’accompagnement

Je fais principalement du coaching de dirigeant et de la thérapie familiale, même si je continue à passer 20 à 30% de mon temps sur du conseil en entreprise sur des problématiques de conduite du changement.

La thérapie familiale consiste à accompagner des couples et des familles dans des situations de fort changement ou dans des situations de crise, quand il y a besoin de renouer le contact, le dialogue et de mettre en place des changements pour que la famille se porte mieux. Je suis aussi hypnothérapeute donc je travaille aussi en individuel sur des problématiques de développement personnel et des problèmes psychologiques.

Dans le coaching comme dans la thérapie familiale, je suis dans l’accompagnement. Même s’il y a des différences, c’est toujours sur un processus de compréhension de l’humain et des clés du changement, mais déclinés à différents niveaux : celui de la personne, du couple, de la famille et de l’organisation. Dans le cas de la famille, il y a une dimension historique à comprendre, ce qui s’est passé dans les générations antérieures, tandis que dans l’organisation il faut comprendre la dynamique de groupe, la culture d’entreprise, la stratégie.

Je suis une vraie slasheuse, je n’ai dû renoncer à rien. Si je ne pouvais pas être à la fois auprès des familles, dans l’entreprise, et écrire je pense qu’il me manquerait quelque chose.

Etudes et début de carrière sans grand enthousiasme

Je n’ai pas choisi mes études. J’avais une mère enseignante qui m’a laissé le choix entre classe préparatoire ou classe préparatoire.

J’ai donc fait une prépa commerce même si, ma famille étant composée majoritairement d’artisans et de fonctionnaires de l’enseignement, je ne voyais pas très bien ce que le commerce voulait dire, puis je suis rentrée à l’Edhec.

Ces trois années d’études ne m’ont pas vraiment enthousiasmée puisque j’étais surtout intéressée par l’écriture et les sciences humaines, mais comme il fallait bien que j’en fasse un métier, je me suis dirigée vers le conseil pour garder cette curiosité intellectuelle et je me suis vite retrouvée dans le conseil en management chez KPMG puis chez Arthur Andersen.

Sauf qu’après deux ou trois missions, elles finissent toutes par se ressembler. J’ai donc suivi deux anciens de chez KPMG pour monter une plateforme de conseil et de mise en relation pour les créateurs d’entreprise mais là aussi je me suis rapidement ennuyée.

Reprendre contact avec l’humain

En 2004, après 10 ans dans le conseil, j’ai eu envie d’explorer quelque chose de différent. A l’époque, je faisais déjà de la conduite du changement et j’accompagnais des plans sociaux donc j’ai décidé de faire une formation de coaching au feeling, sans trop savoir ce que c’était.

Ça a été une vraie transformation, un déclic, de reprendre contact avec la notion de l’humain. Mes 5 années de salariat ont été compliquées pour moi parce que je n’étais pas libre de faire ce que je voulais, et pour moi la liberté est la chose la plus importante, avec la créativité.

En 2006, j’ai profité de ma grossesse pour reprendre des études de psychologie et j’ai obtenu une maîtrise en psychologie clinique. J’ai ensuite choisi de faire mon stage de maîtrise dans un hôpital où il y avait une consultation de thérapie familiale, et j’ai adoré.

Je me suis retrouvée devant un dilemme cornélien: pour être thérapeute familiale, c’était 4 ans d’études supplémentaires. Je me suis dit : “Tu ne vas pas regretter toute ta vie de ne pas l’avoir tenté, donc vas-y”. J’ai repris 4 ans d’études, en travaillant toujours en parallèle. Je réalise aujourd’hui que c’était un peu fou, je ne sais pas comment j’ai fait pour réussir à refaire ces 9 ans d’études, mais toujours est-il que dès 2013, je me suis installée comme thérapeute familiale.

Aujourd’hui, le coaching et la thérapie constituent 75 à 80% de mon activité.

Ce qui doit marcher, marchera

A un moment, pendant ma formation en psycho, je me suis demandée si je n’étais pas un peu inconsciente. Qu’est ce qui me poussait à ça, au risque d’en faire pâtir ma famille ?

J’ai eu des vrais choix à faire et j’ai réussi, parce que j’étais indépendante, à trouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Je travaille beaucoup mais pas le weekend ni le soir sauf urgence absolue. Je lis beaucoup, j’écris sur mon blog, mais tout ça je ne le vis pas comme un travail mais comme une respiration. C’est ce qui me fait vivre.

J’ai compris très tôt l’importance de sortir du regard de l’autre, pour se tourner vers ce qu’on a à l’intérieur et construire son projet de vie. Quand j’ai renoncé à ma super carte de visite de KPMG et Arthur Andersen et suis partie vivre dans le Sud de la France, mon entourage m’a dit que j’étais folle avec ma super situation, que j’allais m’enterrer. Aujourd’hui, ils me disent que j’ai bien fait et que j’ai de la chance.

Mais ce n’est pas de la chance !
Nous avons fait des choix avec mon mari, nous avons accepté de diviser par deux nos revenus et de baisser notre train de vie. Nous nous sommes simplement demandés de combien on avait besoin pour vivre, et de quoi on avait besoin pour être heureux le matin.
Je pense qu’on est ici pour vivre pleinement nos talents et pour vivre l’amour, les relations avec sa famille et ses amis. Une fois que tout ça était clair pour moi, je pouvais lâcher le reste : la voiture de fonction, les titres sur ma carte de visite. Sans aucun regret.

De temps en temps, il faut être un peu gonflée sans trop se projeter et avancer pas à pas.
C’est vrai aussi que j’ai une capacité à suivre mon intuition et à me dire que ce qui doit marcher marchera et ce qui ne doit pas marcher ne marchera pas.

De toute façon, il ne faut pas regretter, parce que les regrets ça ne sert à rien.


En savoir plus

Anne est une Bloomeuse ! Lire son portrait sur Bloomr

Le blog de Anne Juvanteny : Voix du changement
L’ouvrage de Anne : Travailler en famille avec plaisir 
Elle recherche actuellement un éditeur pour son deuxième livre sur la résilience des familles confrontées au handicap d’un enfant.
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Linkedin : Anne Juvanteny