Tiens bien la barre et garde le cap !

Ils courent, ils courent…

Pas les furets. Ni la maladie d’amour. Mais nous, toi, moi, beaucoup d’entre nous qui avons l’impression de toujours courir après quelque chose. Le temps, l’inspiration, la bonne idée, la réponse, l’argent, la motivation…

On se lève le matin plein d’entrain et on se couche le soir un peu déçu de ne pas avoir réussi à rattraper toutes ces choses après lesquelles on courait. On culpabilise. On aimerait pouvoir appuyer sur pause, pour que le temps arrête de défiler quelques minutes. Ce projet qu’on n’a pas terminé, cette offre d’emploi à laquelle on n’a pas répondue, ce livre qu’on n’a pas lu, cette formation qu’on n’a pas suivie, cet article qu’on n’a pas écrit, ces mails auxquels on n’a pas répondus, et cette to do qui ne cesse de s’allonger et de s’étirer à l’infini.

Partout autour de nous on nous rappelle que d’autres avancent. On ne sait pas bien comment, mais eux arrivent à produire, créer, livrer, saisir les opportunités, tracer leur route, gagner de l’argent, développer leur entreprise, obtenir une promotion, faire leur place, s’épanouir dans leur job. Pour eux, tout semble ‘fluide’. Et nous, on rame, on rame, on se démène comme des beaux diables pour débroussailler notre chemin à la machette.

On fait des to do de to do, on se fixe de nouveaux objectifs un peu trop hauts, mais tant pis, c’est bien d’être ambitieux, on se galvanise le temps de quelques jours et paf, le soufflé retombe.

Alors, comment faire ?
Comment faire pour se désengluer, pour réussir à décoller, à garder le cap, à ne pas se laisser embarquer dans de vaines comparaisons avec le voisin et la voisine, à ne pas remettre toujours au lendemain et procrastiner, procrastiner parce qu’on ne sait pas par où attaquer cette montagne ?

Eh bien on commence petit. On ne se fixe pas tout de suite l’ascension de l’Everest, on va d’abord sereinement jusqu’au coin de la rue, et puis de la suivante, on gravit la montagne étape par étape. De toute façon, on ne peut pas atteindre “le sommet” parce qu’il n’existe pas, c’est toute la beauté de l’aventure : quelque soit le niveau qu’on atteint, on cherchera toujours à aller plus haut. A la place, on avance marche par marche, pour gravir le premier étage, en ajustant la hauteur de chaque marche de sorte qu’elle soit franchissable.

Pour éviter de procrastiner, on définit une vision qui fait chanter notre coeur. Pour ça, on se recentre sur soi, ses propres envies, ses propres ambitions. A quoi MOI je veux arriver ? Qu’est ce que JE cherche à atteindre ? Est-ce que le plus important pour moi c’est d’être heureux.se, zen, riche, disponible, en mouvement, challengé.e, apprenant.e, entouré.e ?
On fait du ménage pour garder l’essentiel, on écoute ses envies, on suit son plaisir. Comme ça, on évitera de vivre dans le rêve d’un autre.

Ensuite on essaie de se fixer des objectifs concrets, mais accessibles sur le court terme.

Et puis on s’y attaque. On expérimente pour trouver un mode de fonctionnement qui nous correspond et se régler sur la bonne fréquence. Il y a pléthore d’informations, d’outils et de ressources pour améliorer sa productivité, garder la motivation, avancer dans ses projets. Il faut apprendre à faire le tri pour garder ce qui nous convient vraiment et jeter le reste. Inutile de s’escrimer à se lever à 4h du mat’ si on est plutôt du soir, inutile de se forcer à tenir un journal si on déteste écrire.
On tâtonne pour se créer ses propres routines et trouver ce qui marche. Et on fait en sorte chaque jour d’avancer même un petit peu.

On apprend à s’entourer de personnes bienveillantes, qui nous soutiennent, nous portent, nous bousculent un peu quand on en a besoin, nous félicitent et nous incitent à célébrer nos réussites.

On prend soin de soi, en restant exigeant, oui, mais avec amour et indulgence. On ne se flagelle pas chaque fois qu’on n’a pas été aussi performant qu’on aurait voulu mais on est suffisamment ferme avec soi même. On se récompense quand on a bien fait.

On s’accorde des petits bonheurs, des moments de contemplation. On prend le temps de souffler. On médite si ça nous chante, on va se dégourdir les jambes de temps en temps, on déguste son café en regardant cette maman merle avec ces deux petits se gaver de vers de terre dans le jardin.

On prend le temps d’apprécier cette sensation, aussi, que quelque chose demande à sortir, à fleur de pensée. Qu’on est “à ça” de la bonne idée, de démêler sa pelote, de trouver son tempo. Si on n’y est pas encore, c’est peut être qu’il reste un peu de chemin à parcourir mais le déclic viendra.

On change de siège pour adopter un nouvel angle de vue. Vu d’ici, c’est chouette, ce beau projet qu’on couve et qui finira par éclore. Que ce soit trouver une direction professionnelle, monter sa boite, amener son projet plus loin, se reconvertir… Quelles belles promesses d’avenir si on a confiance que ça viendra en temps voulu. Parce que quand on a trouvé sa place, quand on sent qu’on est dans la bonne direction, on sait qu’on ne peut pas lâcher, qu’on doit y aller quoiqu’il arrive.