Le côté obscur de tes forces

(Oui, j’ai osé le titre ! Un peu éculé je te l’accorde, mais le jeu de mot convenait si bien).

Martin Seligman et Christopher Peterson ont dressé la liste des 24 traits de caractère positifs, ou forces, qui sont présents, à plus ou moins haute dose, en chacun d’entre nous.

Ces forces sont directement liées à notre niveau d’épanouissement puisque les utiliser nous procure plaisir et satisfaction.
Seligman nous encourage donc à ‘muscler’ nos forces et à les développer chaque jour.

Oui mais, voilà, est-il bon de maximiser ses forces ? Peut-on trop les utiliser, y a-t’il un seuil à ne pas franchir ?

Chaque force a sa part d’ombre

Que se passe-t’il si on pousse trop loin l’utilisation d’une force ?
Cela peut avoir un impact négatif, sur soi ou sur les autres, même si on n’en abuse que légèrement. Par exemple, quelqu’un qui aurait tendance à faire un peu trop d’humour peut finir par n’être plus pris au sérieux.
Cette force risque alors de se transformer en faiblesse, en handicap*.

Chaque force peut potentiellement être exagérée et se transformer en faiblesse.
Par exemple, à être trop prudent, on risque de devenir frileux.
A avoir une trop grande maîtrise de soi ou une autorégulation trop forte, on risque d’être dans le contrôle extrême des émotions et dans la rigidité.
Trop de curiosité peut pousser à l’indiscrétion.
Trop de courage, à l’imprudence.
Trop d’optimisme à la naïveté.
Trop de jugement à la froideur.
Trop d’humilité à l’autodénigrement.

Il y a trois crans d’utilisation des forces :

  • Le cran inférieur, lorsqu’on sous-utilise une force qui ne peut s’exprimer à sa pleine puissance. L’objectif est alors de la travailler pour la développer
  • Le cran supérieur, lorsqu’on abuse d’une force qui n’en est alors plus une.
  • Entre les deux, le cran d’équilibre, lorsqu’on fait une utilisation optimale de ses forces. C’est ce cran qu’il faut viser.

On a tendance à abuser particulièrement de nos forces dominantes*, parce que ce sont celles qu’on utilise avec le plus de naturel. C’est à elles qu’on va faire appel le plus souvent dans une situation difficile, quand on est fatigué ou stressé, ou quand on va chercher à être très efficace.

Pour que nos forces soient réellement source d’épanouissement et d’efficacité, l’objectif est donc d’apprendre non pas à les maximiser mais à les utiliser de façon optimale, sans tomber dans l’excès.

Mode d’emploi pour viser une utilisation optimale de tes forces

L’objectif est de prendre conscience non seulement que tu utilises peut-être certaines forces à l’excès ou à mauvais escient mais aussi l’impact de cette utilisation abusive, sur toi et sur les autres, pour pouvoir ensuite ajuster ta façon de t’en servir en fonction des situations.

1e étape : reconnaître le côté sombre de tes forces principales

Choisis une de tes forces principales, et réfléchis à ce que cela donne si elle exprimée à chacun des trois crans. Que se passe t’il quand elle n’est pas suffisamment développée ? Que se passe t’il quand elle l’est trop ? Que se passe t’il quand elle est utilisée juste comme il faut ?

Par exemple, pour l’honnêteté :
– Un manque d’honnêteté peut entraîner tromperie, tricherie, déloyauté
– Utilisée de façon optimale, cette force permet de se comporter de façon authentique, d’être sincère, de respecter ses engagements et d’exprimer ses opinions mais tout en respectant la personnalité, les valeurs, les sensibilités et les opinions des autres, sans les froisser.
– Poussée à l’excès, l’honnêteté peut conduire à l’intolérance, voire à la méchanceté. Comme dit le dicton, toute vérité n’est pas bonne à dire. Il faut parfois savoir retenir ses pensées et ses mots.

2e étape : se situer sur l’échelle

Comment utilises-tu chacune de tes forces ? A quel cran te situes-tu ? Dans quelles situations ?
Par exemple, si une de tes forces est le travail d’équipe, tu trouveras peut être que tu arrives à bien doser ton implication lorsque tu travailles en binôme, mais que dans un projet avec plusieurs personnes, ton dévouement est tel que tu finis par accepter trop de responsabilités et par t’épuiser.

Au-délà de la quantité utilisée, il s’agit aussi de se pencher sur la qualité. Est ce que tu utilises tes forces à bon escient ? Pour cela, c’est important de vérifier l’effet sur soi et sur les autres. Si tu sens que c’est bénéfique, c’est que c’est la bonne dose. Sinon, il y a quelque chose à revoir soit dans la façon dont tu les utilises soit dans l’intensité.

Quel est l’impact quand tu utilises tes forces ?

2e étape : trouver son diapason

Cherche un exemple dans ta vie où tu as utilisé tes forces principales pile au bon niveau, de façon tout à fait juste. Comment t’es tu senti.e ?
Sers-toi de ces expériences comme de diapason.

3e étape : rééquilibrer ta force

Si tu t’aperçois que ton utilisation d’une de tes forces est telle qu’elle en devient parfois une faiblesse, il est temps de la rééquilibrer.

Atténuer une force quand cela s’avère nécessaire pour éviter d’en abuser ou modifier ta façon de l’utiliser exige une approche différente que le développement des forces. Il s’agit d’affiner l’utilisation de ta force, de trouver le bon dosage.

Voici quelques conseils pour y arriver :

1) Compense avec d’autres forces

Par exemple, compense un excès d’honnêteté par de la gentillesse pour éviter de blesser l’autre, et par de la prudence pour détecter les situations où il vaut mieux retenir tes mots pour ne pas te retrouver dans des situations délicates.

2) Compenser avec une force opposée

Par exemple, faire preuve de réserve si tu as tendance à être trop franc.

3) Choisir dans quelles situations utiliser tes forces

C’est important de bien choisir dans quelles situations utiliser tes forces à pleine puissance, et quand les réfréner. Quand faire de l’humour et quand rester plus sérieux, quand chercher un consensus et quand trancher…
Cela demande de bien se connaître, d’être capable de prendre du recul sur une situation, d’évaluer les personnes impliquées, et de juger quel est le degré approprié.

Par exemple, si tu es en rendez-vous client avec un collègue qui adopte un discours avec lequel tu n’es pas tout à fait en phase, peut être est-il plus judicieux de ne pas le contredire devant le client et d’attendre d’être seul à seul avec lui (tant que, bien sûr, son discours ne va pas à l’encontre de ton code éthique).

En conclusion, même si il est important de chercher à développer et à utiliser quotidiennement tes forces, parce que cela contribue à ton épanouissement, prends garde à ne pas verser dans l’excès pour ne pas que cette force se transforme en faiblesse, et à toujours utiliser tes forces à bon escient.

L’idée est d’ajuster l’utilisation de tes forces comme avec une table de mixage, en réglant l’intensité et les modalités en fonction de la situation, de la mise en sourdine au volume maximal.

* Strengths, strengths overused, and lopsided leadership. Kaiser, Robert B.; Overfield, Darren V.


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