[Reconversion] Claudia, prof de yoga : redonner le sourire

A 28 ans, Claudia a déjà opéré une reconversion réussie. Aujourd’hui prof de yoga épanouie, elle a d’abord travaillé comme attachée culturelle avant de s’autoriser à suivre sa passion. Elle qui était plutôt du genre angoissé, elle a su surmonter ses peurs et son stress et se lancer dans ses projets avec aplomb et énergie. C’est riche de cette expérience qu’elle aide ses élèves à retrouver à leur tour plus de calme et de sérénité. Pour Bloomr, elle revient sur son parcours.

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Je suis prof de yoga depuis un peu plus de 2 ans. Je combine deux volets : du présentiel avec les cours que je donne à Paris et du virtuel, à travers mon blog et les programmes en ligne et ebooks que je vends, ce qui me permet de toucher des gens partout dans le monde.

J’adore mon métier, je me lève pleine d’enthousiasme le matin. Je sens que ce que je fais a de la valeur et des effets, je me sens à ma place et c’est super précieux. Je pense que j’ai trouvé mon socle et je ne me vois pas m’en lasser.

Le moment que je préfère, c’est le soir, quand je retrouve les élèves pour mon cours. C’est une belle gratification de les voir évoluer, de voir ce que la pratique du yoga change en eux, surtout que je suis à Paris, qui est une ville plutôt stressante, et c’est une sensation géniale de les voir repartir avec le sourire.

Entre la fierté d’avoir un job et le sentiment de ne pas être à sa place

Je suis arrivée là par des chemins de traverse et quelques bifurcations.
J’ai fait des études de lettres, de langues et de culture et patrimoine et je suis devenue attachée culturelle pour une mairie. Pendant 2 ans, je me suis occupée d’organiser des expos, concerts, événements etc.
Mais même si j’étais fière d’avoir un job, des responsabilités et la chance d’avoir des collègues sympa, au bout d’un moment la lassitude s’est installée, d’autant que le rapport hiérarchique ne me convenait pas. J’ai commencé à me remettre en question, à lire sur les métiers du bien être, et à réfléchir à autre chose.

J’étais en CDD de la fonction publique. Quand on m’a demandé si je renouvelais mon contrat, j’ai dit non. Personne ne s’y attendait mais je sentais que je ne m’épanouissais pas, que ce n’était pas ma voie, j’ai préféré arrêter.

Le déclic grâce au bilan de compétences

Sur les recommandations d’un ami, j’ai fait un bilan de compétences juste avant mes 25 ans, financé par la région. Ça m’a vraiment fait du bien et apporté de la clarté. J’avais des difficultés à trouver des soutiens auprès de mes proches, donc la psychologue du travail m’a vraiment épaulée.
C’est elle qui m’a fait remarquer que je parlais de yoga tout le temps et qui m’a permis de considérer une reconversion dans ce domaine. J’avais commencé le yoga deux ans plus tôt et je le pratiquais le plus possible. Moi qui était cadre dans les métiers de la com’, je n’avais pas osé envisager autre chose, ce bilan m’a permis de débloquer ça.

S’orienter dans la jungle des formations

Le yoga n’est pas une profession encadrée. Il n’y a pas de brevet d’état puisqu’on est rattachés au ministère de la culture, aucun diplôme n’est obligatoire, n’importe qui peut s’improviser prof de yoga.

Du coup c’est un peu la jungle, il y a beaucoup de formations pour devenir prof : des formations longues, en 4 ans, sur des weekends, ou des formations intensives, en général entre 1 et 3 mois. Les formations coûtent d’ailleurs de plus en plus cher, aujourd’hui on est autour de 2000€ donc c’est un gros investissement. A Paris, on se retrouve souvent avec des groupes de 40 ou 50 personnes par cycle de formation. Il y a des associations qui se sont regroupées, notamment une association américaine, Yoga Alliance, qui certifie les profs de yoga.

J’ai finalement choisi une formation étendue sur 3 mois à Paris, mais à la fin de la formation, je ne me sentais pas encore prête à enseigner. J’ai décidé de partir en Inde pour une autre formation d’un mois intensive. C’était génial ! Je suis rentrée en août 2015 et j’ai lancé mes cours en septembre, en me donnant 2 ans pour y arriver.

Prof de yoga, un métier à plusieurs casquettes

Le yoga a beaucoup gagné en popularité, et le nombre de profs augmente. Ce n’est pas toujours évident de se positionner, mais il y a aussi une augmentation de la demande avec des élèves qui commencent le yoga de plus en plus jeunes et dans tous les univers que ce soit en hôpital, en entreprise ou même en prison…

Pour moi il n’y a pas vraiment de compétition, on est tous dans le même métier. D’ailleurs j’ai créé un groupe Facebook de profs de yoga parce que je me sentais un peu isolée.
Pour me démarquer, j’ai une stratégie plutôt digitale et j’ai la chance d’être positionnée dans les premiers blogs français, ce qui m’amène du trafic.

A l’origine je n’étais pas très réseaux sociaux ni même très digital. J’ai investi pour me faire accompagner par une attachée de presse, j’ai appris avec un spécialiste du marketing web tout ce dont on a besoin quand on veut professionnaliser son activité et je continue à apprendre tout le temps, en continu. Par exemple en ce moment j’améliore les liens entre les articles de mon blog (le maillage interne pour les geeks !).

C’est un peu comme si j’avais plein de casquettes: la casquette compta, la casquette communication, la casquette préparation de cours, etc. Il y a plusieurs compétences à réunir pour mener son activité de prof de yoga, il faut apprendre à gérer les différents aspects ou engager quelqu’un pour s’en occuper. J’ai par exemple confié toute la partie administration à une assistante.

Se faire accompagner par un professionnel pour découvrir le métier

J’avais une image très édulcorée du prof de yoga, toujours souriant et réconfortant. On ne se rend pas toujours compte de tout le travail qu’il y a derrière. On idéalise toujours un métier tant qu’on n’est pas dedans mais dans tous les métiers il y a des compromis. Par exemple je rentre très tard le soir, après mes cours.

Avant de me lancer et de choisir ma formation, j’ai passé une demi-journée avec une prof de yoga que j’avais trouvée via Jobs en Boite* et ça m’a beaucoup aidée. Elle a répondu à mes questions principales, elle m’a expliqué en quoi consistait exactement le métier et aidée à comprendre les différentes formations. Si je ne l’avais pas fait, je n’aurais jamais choisi ma formation à force de chercher la meilleure solution possible.
J’ai trouvé ça tellement utile que je propose maintenant des accompagnements pour les futurs profs de yoga, pour leur éviter de passer des heures à chercher la bonne formation. J’ai notamment écrit un ebook** pour choisir sa formation et je passe du temps avec certaines personnes pour répondre à leurs questions.

S’autoriser à aller vers ce qu’on aime pour libérer son potentiel

J’axe beaucoup mes cours sur le stress et la confiance en soi parce que j’étais quelqu’un d’angoissé, j’avais le stress de réussir, j’ai dû travailler là-dessus. Je partage mon parcours parce que je pense que d’autres personnes s’identifient à cette expérience.

A partir du moment ou je me suis autorisée à faire un métier que j’aime et à ne pas me préoccuper des apparences, ou de plaire à mes parents, j’ai pu lâcher prise. Et aujourd’hui mes parents, qui avaient quelques réserves au départ, sont heureux de voir que je vais bien.

J’arrive à oser des choses sans me mettre des limites et des censures. Je ne suis pas du genre à bosser sur mon projet en secret sans en parler à personne. Je n’ai pas peur non plus de lancer quelque chose même si ce n’est pas parfait et ensuite de l’améliorer au fil de l’eau. Même quand j’ai lancé mon blog, je ne me suis pas laissé arrêter par les critiques potentielles ou par le désir de vouloir plaire à tout prix. J’ai préféré rester naturelle, et cette authenticité là plait. C’est comme ça aussi que j’attire des élèves avec qui je vais avoir une connexion.

Trouver l’équilibre entre réflexion et passage à l’action

Un de mes conseils c’est de ne pas faire une reconversion par simple rejet du boulot actuel. Aujourd’hui il y a une telle injonction au bonheur qu’on a tendance à passer d’une chose à l’autre, à la recherche frénétique de ce qui pourrait nous plaire. Je pense que c’est important d’essayer de construire un projet profond, même si on peut se tromper ou pivoter à nouveau. C’est un juste équilibre à trouver entre ne pas tout plaquer sur un coup de tête et ne pas non plus trop réfléchir au point de ne plus oser bouger.

Je conseille vraiment de s’entourer de professionnels, par exemple ce que vous faites avec Bloomr, ou un coach, un professionnel de la reconversion ou des personnes qui font le métier qu’on veut faire..mais en tout cas ne pas rester seul à cogiter. Je trouve l’idée de tester un métier en accompagnant un professionnel très utile pour en apprendre plus sur un métier.


En savoir plus

Claudia est une Bloomeuse ! Lire son portrait sur Bloomr

Le blog de Claudia : Yoga Passion
Son profil Facebook : Yogapassion

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