Comment promouvoir l’audace en entreprise ?

Dans un précédent article, on a discuté du rôle essentiel de l’audace en entreprise pour booster la performance, l’innovation et l’engagement des collaborateurs.

Mais qu’est-ce qui rend une entreprise audacieuse ? Qui porte l’audace dans l’entreprise ? Les dirigeants ? Les managers ? La R&D ? Les responsables marketing ?
La réponse est : tout le monde. Et surtout, chacun.

Chaque collaborateur.trice est un potentiel nid à idées. Click To Tweet

Sur le terrain, les collaborateurs expérimentent et perçoivent chacun à leur niveau certaines choses inaccessibles au top management. Ils portent aussi un regard parfois plus objectif sur ce qui se fait dans d’autres départements et d’autres métiers.

L’audace est avant tout portée par les initiatives individuelles. C’est en tirant profit de la créativité, de l’expertise et de la vision de chacun que l’entreprise aura le plus de chances de rester innovante, agile et audacieuse sur tous les plans.

D’où l’importance d’encourager l’audace à tous les niveaux, personnels et collectifs.

Pour cela, l’essentiel est de mettre en place un cadre et une culture propice à l’émergence d’idées, de faire preuve de souplesse et d’éviter à tout prix le fameux “on a toujours fait comme ça”.

Les entreprises qui arrivent le mieux à stimuler l’audace profitent généralement d’une volonté ferme de la part de leurs dirigeants, qui s’engagent à 100% pour faire en sorte que ça fonctionne. Pour que l’audace porte ses fruits, non seulement ils encouragent l’émergence d’idées mais ils évitent aussi de brider le passage à l’action, et plus que tout de sanctionner une initiative qui n’aurait pas plu.

Les dirigeants sont alors disposés à lâcher prise si nécessaire, à donner aux collaborateurs les moyens de mettre en oeuvre leurs idées audacieuses, à remettre en question les traditions et le statu quo et à engager si nécessaire des changements en profondeur.

Ceci dit, il ne s’agit pas de laisser les idées fuser à tout va, pour en attraper quelques unes au vol au petit bonheur la chance, et espérer qu’elles portent leurs fruits. Pour qu’elle marche dans l’entreprise, il vaut mieux que l’audace soit encadrée par des attentes et des principes clairs.

Petit tour des bonnes pratiques pour favoriser l’audace chez les collaborateurs

Partir de l’individu : encourager la prise d’initiative

Suscitez l’envie de faire preuve d’audace : mettez vos collaborateurs au défi de trouver des solutions innovantes pour améliorer les process, la qualité des produits ou du service, la façon de travailler…
Félicitez ceux qui sont force de proposition et mettez-les en avant, par exemple en organisant des concours d’idées (innovation collaborative).

Valoriser la remise en question de l’ordre établi

Si vos collaborateurs ont l’impression que s’opposer à l’ordre établi est systématiquement reçu avec désapprobation, il y a des chances qu’ils étouffent d’eux-mêmes leurs impulsions audacieuses. Montrez-leur qu’on contraire, le discernement est reconnu et considéré comme une valeur pour l’entreprise.

Ce qui ne veut pas dire encourager la critique à tout va, au risque de créer un climat négatif, mais stimuler les remises en question constructives et perspicaces.

Encourager le passage à l’action

Certaines entreprises s’efforcent de favoriser l’émergence et le partage d’idées nouvelles, mais sans pousser jusqu’à faciliter le passage à l’action.
Par exemple, elles prévoient une boîte à idées et peut-être même un vote de la meilleure idée du mois mais n’incitent pas les collaborateurs à tester leurs idées, à expérimenter à petite échelle pour voir ce qu’ils peuvent en tirer et si cela vaut la peine de l’amener plus loin.

Pourtant, l’audace se caractérise par l’action. C’est donc primordial d’assurer ce passage à l’action pour insuffler de l’audace dans l’entreprise. Vous pouvez par exemple autoriser la constitution d’équipes projets sur des thématiques spécifiques ou donner aux collaborateurs l’opportunité de pitcher leur idée pour la faire valider par le reste des équipes avant de la mettre en place.

Ce qui est fondamental, c’est d’instaurer une culture d’entreprise qui valorise l’action et accepte l’échec pour favoriser l’audace.

Vous pouvez aussi, comme chez Google, aménager des heures prises sur le temps de travail pour plancher sur un projet personnel ou pour donner corps à une idée audacieuse qui sortirait du cadre de la mission d’un.e collaborateur.trice.

Valoriser les échecs

Qui dit audace dit prise de risques et potentiel échec. Il faut accepter que quand on ose beaucoup, on se trompe parfois.

D’où l’importance de repenser le rapport à l’échec pour ne pas que cette perspective devienne paralysante. Un échec ne remet pas en question la valeur d’une personne. Au contraire, il prouve qu’on a osé et qu’on en a probablement tiré des leçons précieuses.

Transmettre aux collaborateurs qu’ils ont le droit de tester et de se tromper et que cela ne suscitera pas la désapprobation et ne mettra pas en péril leur poste est un pas essentiel vers plus d’audace.

Et on ne parle pas d’ici d’accorder un joker du style “on passe l’éponge pour cette fois-ci mais que ça ne se reproduise plus” mais bien de reconnaître que cela se reproduira peut-être et que non seulement ce n’est pas dramatique, mais que c’est même normal. Mettre en place des pratiques de co-développement, pour que le collectif apprenne des erreurs de chacun et réfléchir à comment éviter que cela se reproduise peut également être bénéfique.

Partager la prise de décision

Une structure et une organisation trop rigide peuvent être un frein à l’audace. Dans beaucoup d’entreprises, les pouvoirs de décision sont concentrés sur quelques personnes, ce qui entraîne une lenteur excessive dans la validation des idées et un manque de réactivité dans le passage à l’action. Le risque est de décourager les esprits audacieux.

Pour booster l’audace, accordez aux collaborateurs une plus grande marge de manoeuvre et adoptez un processus de décision agile et efficace, pour qu’une personne puisse soumettre facilement une idée nouvelle et obtenir rapidement le feu vert pour la tester.

Là encore il ne s’agit pas de semer le chaos en permettant à n’importe qui de faire n’importe quoi, mais d’encadrer la prise de décision avec plus de souplesse, en fixant des critères préalables : quand est-ce qu’on y va ou non ? Quel seuil de risque ne voulons-nous pas franchir ? Comment le calculer ? Quel budget est alloué pour tester cette idée ?

Créer un climat positif

Il ne suffit pas de réclamer plus d’audace de la part de ses collaborateurs. Il faut aussi créer l’environnement favorable, rassurant et encourageant pour que l’audace puisse s’exprimer. Autrement dit, un climat positif et de confiance.

Dans certaines entreprises, c’est la compétition plus que l’entraide qui prime. On se méfie les uns des autres, on redoute de se faire piquer une idée, que quelqu’un s’approprie son travail, ou tire la couverture à soi.

C’est dommage, parce qu’on est souvent plus forts et efficaces à plusieurs, lorsque tout le monde regarde dans la même direction.

Offrez un environnement favorable à l’échange d’idées, un espace bienveillant de partage et de suggestions.

Favoriser la collaboration

Il y’a un juste équilibre à trouver entre favoriser l’initiative individuelle, puisqu’une idée part souvent d’une personne, et encourager sa mise en application collective.

L’objectif n’est pas de créer des tensions en portant aux nues les plus audacieux au détriment des autres, mais de permettre à chacun de prendre sa place, de faire sa part.

Certains seront plus doués pour générer des idées, d’autres pour évaluer les risques de leur mise en oeuvre et d’autres encore pour appliquer en temps et en heure le plan d’action.

Encouragez les équipes à se fédérer pour avancer vers un objectif commun. Pour créer des synergies, encouragez le partage d’information au sein de l’entreprise, entre les différentes équipes, pour que chacun puisse avoir une vue globale de la situation et comprendre les enjeux pour les autres.

Soutenir et accompagner

Développer son audace, ça s’apprend, tout comme les compétences et qualités que cela requiert : capacité à communiquer, à collaborer, à prendre des décisions, à analyser une situation, à résoudre des problèmes, créativité, sens de l’observation, discernement, honnêteté, esprit d’équipe, respect, curiosité, pouvoir de persuasion….

Mettez en place des dispositifs pour, d’une part, sensibiliser les collaborateurs à l’audace, s’assurer qu’ils comprennent ce qui est attendu d’eux, et qu’ils partagent une vision commune sur le sujet, et d’autre part, les former aux compétences nécessaires à l’audace.

Communiquer tant sur les apprentissages de tel ou tel “échec” que sur le succès d’une initiative audacieuse, en interviewant par exemple les personnes à l’origine de l’initiative.

Formez aussi les managers, qui sont les facilitateurs de l’audace dans l’entreprise et joueront le rôle de relai.

Bousculer les habitudes

C’est souvent dans la position du novice qu’on peut avoir un regard critique et ainsi nettoyer des idées reçues et des croyances qu’on a pu accumuler par le passé.

En anglais, avoir des idées originales se dit penser “out of the box”, soit, littéralement, en dehors de la boîte. D’où l’intérêt de sortir de sa boîte pour y parvenir.

Pour favoriser cet oeil neuf sans avoir à renouveler toutes les équipes, vous pouvez par exemple aménager des temps de télétravail, ou prévoir des bureaux “mobiles” pour que vos collaborateurs puissent changer de cadre et d’environnement de travail au quotidien ou même encourager les équipes à faire des réunions “hors les murs”, dans des espaces de co-working ou des cafés.

Autorisez-les à se prendre une pause en extérieur pour aller marcher un peu s’ils en ressentent le besoin. Rien de tel qu’un bon bol d’air pour booster la créativité !

Vous pouvez aussi organiser des petits déjeuners inter-équipes, favoriser les rencontres entre personnes de différents services, voire organiser des évènements de type team building mais entre personnes qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble, pour que chacun puisse mieux comprendre les enjeux et les problématiques auxquels les autres sont confrontés.

Casser la routine. Changer les pratiques habituelles et les mentalités. Quand on a pris le pli de faire les choses d’une certaine façon depuis longtemps, c’est plus difficile de se demander comment les améliorer et de voir ce qu’il y aurait à changer.