Comment déboulonner tes croyances limitantes (+ 21 croyances courantes déboulonnées)

Tes croyances limitantes exercent un mécanisme puissant, qui t’empêchent de vivre pleinement ce à quoi tu aspires, et d’agir comme tu le voudrais.

Si tu parviens à t’en libérer, tu pourras aborder chaque situation avec un oeil neuf et objectif, sans idées préconçues. Tu pourras aussi reprendre la main sur tes réactions, tes choix et tes actions, et libérer ton potentiel, qui ne sera plus bridé par les limites que tu lui as toi-même posées.

Il y a plusieurs méthodes pour s’attaquer à une croyance limitante. Celle qu’on te propose aujourd’hui consiste à l’invalider, pour te prouver que cette croyance n’est bien que ça – une croyance – mais en aucun cas une vérité absolue.

Le principe est simple : il s’agit de prouver que ta croyance n’est pas toujours vraie. Si elle n’est pas toujours vraie, c’est qu’elle ne peut plus être généralisée et qu’elle ne peut donc pas s’appliquer à n’importe quelle situation que tu vis. Une fois que tu en as pris conscience, tu peux choisir de croire en quelque chose de plus positif et compatible avec ton développement.

Etape 1 : Prendre conscience de tes croyances

La première étape pour t’attaquer à tes croyance limitantes est d’apprendre à les reconnaître. Ce n’est pas une mince affaire parce que même si rationnellement, tu sais que c’est une croyance, qui n’est pas systématiquement vraie, tu risques d’avoir du mal à arrêter d’y croire. C’est qu’elles sont bien incrustées les sournoises.

Pour repérer tes croyances, tu vas avoir besoin d’observer tes pensées et tes propos, et d’attraper au vol ceux qui te plombent, qui te disent que tu n’es pas capable de faire quelque chose ou que ce n’est pas convenable, qui ne sont que des jugements.

Quelques indices pour repérer une croyance limitante :
Elle est généralement formulée comme une évidence ou une généralité.
Elle contient souvent “toujours”, “jamais”, “personne”, “tout le monde”,“chaque fois”, “Je suis trop…” ou “Je ne suis pas assez”.

Réfléchis aussi aux situations bloquantes que tu vis de façon récurrente et à ce que tu te dis dans ces cas-là. Par exemple, si tu as essayé plusieurs fois de faire ou de changer quelque chose sans y parvenir. Ou si tu te retrouves ‘toujours’ dans telle ou telle situation, comme tu faire licencier au bout de quelques années de bons et loyaux services (et que ton père te disait “tu verras, les patrons, ça te presse comme un citron puis se débarrasse de toi sans état d’âme”).

Etape 2 : Est-ce qu’il y a des cas où cette affirmation n’est pas vraie ?

Une fois que tu as repéré une croyance, le jeu est de vérifier qu’elle est vraie. Le plus simple pour cela est de réfléchir à des preuves qui pourraient l’invalider.

Exemple :

Croyance : “Le travail est forcément un calvaire” .
Est-ce qu’il y a des cas où le travail n’est pas un calvaire ? : Oui, bien sûr, plein de gens adorent leur travail et y trouvent une source d’épanouissement. (Pas convaincu ? Check Bloomr)

Croyance : “Je suis trop timide”
Est-ce qu’il m’est arrivé d’être extraverti.e ? Oui, avec les personnes très proches, j’arrive à être moi-même et à sortir de ma coquille.

On l’a dit, une croyance limitante est souvent là pour te protéger quand tu n’oses pas faire quelque chose. Pour te débarrasser d’une croyance, ça peut aussi aider de reconnaître quelle est son utilité cachée.

Tu pourras ensuite étudier comment continuer à te protéger au mieux même si cette croyance disparaît, de sorte que ça te semble moins insurmontable de l’abandonner.

Exemple :

Croyance : “le travail est forcément un calvaire”.
Protection : Je peux continuer à subir ce job que je n’aime pas, sans avoir à remettre en question ma vie professionnelle. Je respecte la mémoire de mes parents qui ont vraiment souffert toute leur vie au travail pour élever leurs enfants du mieux possible.
Question : “Comment faire en sorte de s’épanouir dans son travail et d’éviter de tomber dans le piège du calvaire ?”

Croyance : “je suis trop timide”
Protection : je me garde de donner mon avis et de me mettre en avant, ce qui me protège du risque d’être ridicule ou qu’on se moque de moi.
Question : Comment sortir de ma coquille plus souvent sans me brûler les ailes ?

Etape 3 : reformuler

Pour commencer, reformule ta croyance pour qu’elle ne soit plus limitante. Attention, il ne s’agit pas de tomber dans l’extrême inverse (“le travail, c’est le paradis”) mais d’énoncer une affirmation plus nuancée et réaliste et qui laisse la possibilité d’agir.

Exemple :

Le travail est parfois un calvaire, mais il peut aussi être une source d’épanouissement

J’ai tendance à être timide, mais j’en ai conscience et je l’accepte. Je fais des efforts pour m’affirmer un peu plus chaque jour lorsque je sens que c’est nécessaire.

Etape 4 : conséquence ?

Réfléchis à ce que le fait d’avoir déboulonner cette croyance limitante t’ouvre comme porte. Qu’est-ce que tu vas pouvoir t’autoriser à faire, dire, penser que tu ne t’autorisais pas avant ?

Il ne s’agit pas de prévoir une grande révolution du type “demain, je serai heureux.se” ou “la timidité, c’est fini”, mais de tendre vers des objectifs qui te permettront petit à petit de changer ton comportement.

Exemple :

“Je choisis d’être heureux au travail et de tendre vers cet objectif, en avançant étape par étape”.
“Je vais apprendre à partager mes idées dans des réunions avec les collègues en qui j’ai confiance et qui sont bienveillants”

Chaque fois que tu te surprends à dire ou penser une de tes croyances limitantes, engage-toi à la remplacer, dans ta tête ou à haute voix, par une affirmation plus objective et aidante. Fais la chasse aux ‘toujours’, ‘jamais’ et autres généralités et nuance tes propos chaque fois qu’ils pointent le bout de leur nez.

Quand tu te sens coincé.e ou bloqué.e dans une situation, que tu sens que tes verrous internes t’empêchent d’avancer correctement, analyse la situation pour repérer s’il n’y a pas une croyance limitante à l’origine de toute ça.

Tu verras, petit à petit, tu prendras l’habitude de porter un regard plus objectif et bienveillant sur toi-même et le monde qui t’entoure.

En cadeau bonus, voici un tableau de 21 croyances limitantes courantes déboulonnées et reformulées

21 croyances limitantes courantes déboulonnées et reformulées

Croyance limitanteDéboulonnageReformulation
Le travail est forcément un calvaireCertaines personnes sont épanouies dans leur travailLe travail peut être une source d'épanouissement
On ne peut pas tout avoir !Certaines personnes réussissent à allier vie de couple, vie de professionnelle, vie de famille, vie sociale et vie personnelleOn peut réussir à équilibrer les différents aspects de sa vie sans avoir à en délaisser certains
Le succès monte à la tête.Certaines personnes ont réussi à garder la tête sur les épaules et à rester humble malgré leur succès monstreLe succès peut monter facilement à la tête, mais si on y prend garde, on peut faire en sorte de rester humble et fidèle à soi-même
Se tromper c’est un échec.Nos erreurs ont bien souvent plus à nous apprendre que nos réussitesSe tromper peut être difficile à encaisser, mais c'est une belle opportunité d'apprentissage
il faut travailler dur pour réussirPour certaines personnes, réussir c'est se faire plaisir, avoir du temps pour soi et pour ses proches sans épuiser son énergie au travailC'est à chacun de déterminer à quoi ressemble la réussite, et de choisir comment répartir son énergie pour y arriver
Souvent, c'est quand les choses sont fluides et viennent facilement qu'on réussit le mieux
le travail ne peut pas être amusantCertaines personnes s'éclatent dans leur travailAvec tout le temps qu'on y passe, on a le droit de chercher un travail que l'on a plaisir à faire, même si ce n'est pas évident à trouver
C'est trop dur/ Je n’y arriverai jamais / je n'ai pas ce qu'il faut / il me manque le talent, le temps, l'argentTelle personne y est arrivé avec autant d'argent/de talent/de temps/de compétences que moiSi je le veux vraiment, je peux atteindre progressivement mon objectif en avançant pas à pas, à mon rythme, selon mes moyens et mes ressources
C’est trop tard / Je suis trop vieux ou vieilleCertaines personnes ont réussi à le faire alors qu'elles étaient plus âgées que moiIl me reste 5/10/15 ans pour changer et progresser. Je préfère prendre le temps d'y arriver plutôt que de regretter de ne pas l'avoir tenté
C'est trop risqué. Je vais me planterJ'ai des chances de réussir. D'autres ont réussi avant moiJe peux me lancer en mettant toutes les chances de mon côté et même s'il y a des risques que je me plante, ça vaut le coup de le tenter. J'aurais de toute façon appris quelque chose en cours de route.
Je suis nulle / Je ne sais rien faire / Je ne suis pas assez intelligent.e/créative/futé.eIl y a des choses que je sais faireJe suis intelligent.e à ma manière, je peux trouver le moyen de réussir avec les qualités, talents et compétences dont je dispose.
Ce n’est pas fait pour moiIl y a toutes sortes de personnes au profil et horizon très différents qui le fontSi j'en ai suffisamment envie, je peux décider de le tenter. Il n'y a pas de règles ni de loi qui me l'interdit
Je suis comme je suis. C’est trop tard pour changerPersonne n'est figé dans le temps. Nous sommes tous en capacité d'évoluer si on le souhaiteSi je le décide, je peux travailler sur certains aspects de ma personnalité et de ma façon d'être, en avançant progressivement
Je ne peux pas trouver un job qui me plait vraiment parce que je n’ai pas de passionPlein de gens adorent leur métier sans être des passionnésJe peux trouver un métier qui me plait sans partir de mes passions, en m'appuyant sur mes talents, ma personnalité et ce qui me fait vibrer en général
Tout est plus dur pour moiIl y a des exemples qui prouvent que certains ont réussi avec des cartes beaucoup moins avantageuses en mainsC'est à moi de décider si je veux m'en sortir, et de trouver le moyen d'y arriver et de contourner les obstacles avec les ressources dont je dispose
J’ai juste eu de la chanceJ'ai mis en oeuvre des compétences/des qualités pour réussir comme la persévérabce et l’optimismeJ'ai la chance d'avoir souvent de la chance, mais au final, si je réussis, c'est à moi-même que je le dois
Je ne prends jamais les bonnes décisionsJ'ai pris telle décision qui s'est avérée, par la suite, bénéfiqueJe choisis de croire qu'il n'y a pas vraiment de bonnes ou de mauvaises décisions, mais que chaque décision amène son lot d'avantages et d'inconvénients, d'opportunités et d'apprentissage
Je ne peux pas me le permettre. Les autres/mes proches comptent sur moiMes proches ont surtout envie de me voir épanoui.e et que j'aille bienJe peux faire en sorte d'avancer vers mes objectifs tout en préservant mes proches, réfléchir avec eux à la meilleure façon de le faire pour que cela convienne à tout le monde, quitte à faire des compromis
Pour qu’on m’aime, il faut que je sois...gentil, riche, extraverti, confiant, parfait, fort...Il y a des personnes qui réussissent sans être forcément...gentil, beau, riche, extraverti, confiant...L'important pour réussir c'est de rester soi-même et de pouvoir mettre en oeuvre ses qualités et ses talents
on ne peut faire confiance à personneIl y a des exemples qui prouvent que c'est souvent grâce à une coup de pouce ou à la solidarité qu'on avance le mieuxParfois, j'ai intérêt à accorder ma confiance parce que j'ai des chances d'y gagner beaucoup plus que si je m'enferme dans ma bulle. Je peux aussi prendre le plus de précautions possibles pour ne pas me mettre en danger si ma confiance est trahie.
Il n'y a que la première place qui compteUn dicton dit aussi "l'importance, c'est de participer" parce que c'est en se jetant à l'eau qu'on apprend, qu'on progresse, et qu'on peut avancer vers le topSi j'accepte de ne pas toujours gagner ou êtrele.lameilleur.e, je m'autorise à tenter des choses nouvelles et à me laisser le temps de développer mes aptitudes jusqu'à exceller.
Je n'ai par ailleurs pas besoin de me comparer aux autres pour prouver ma valeur
On n’a rien sans rienBeaucoup de personnes se sont construite une vie qui leur plait sans avoir à faire de sacrificesC'est vrai, il faut souvent faire des compromis pour atteindre ces objectifs. Ce qui compte c'est d'être au clair sur ses priorités pour savoir sur quoi lâcher sans que cela me pèse.

Pour bien comprendre les mécanismes derrière les croyances limitantes, lis notre article Croyances limitantes : quand nos pensées nous sabotent