Conjuguer l’échec au positif

Pourquoi est-ce qu’on n’ose pas se lancer dans des études réputées difficiles ? Tenter sa chance en postulant à une offre qui nous fait envie ? Monter sa boite ? Changer de voie ? Demander une mutation ? Accepter cette promotion qui représente un grand saut dans l’inconnu ?

Parce qu’on a peur de se planter.

Evidemment, derrière cette peur s’en cachent d’autres : la peur d’avoir perdu un temps précieux impossible à rattraper, d’essuyer un refus, de prendre de trop gros risques financiers, de se faire licencier, de ne pas être à la hauteur ou de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout et parfois même, peur de réussir et des changements que cela pourrait entrainer.

Mais c’est bien la perspective d’échouer qui nous paralyse. Surtout, ce sont les conséquences qu’on anticipe en se projetant dans un scénario catastrophe : je vais passer pour un.e incompétent.e, perdre mes proches, me retrouver à la rue, être la risée de tous, rater LA chance de ma vie…

Cette dramatisation est alimentée par plusieurs idées préconçues :
1) Si j’échoue, je ne réussirai pas à me relever ou les dégâts causés par cet échec seront irréversibles
2) Echouer, c’est forcément perdre
3) On peut presque tout prévoir, donc si j’échoue, c’est que c’est de ma faute, parce que je n’ai pas vu ce que j’aurais du voir.

Pour s’épargner l’échec, on évite soigneusement toute situation à risque.

“Chat échaudé craint l’eau froide”, dit le dicton. Il peut aussi arriver qu’on ait accumulé plusieurs échecs qui nous ont découragés parce qu’on a pas réussi à en tirer du positif et rebondir, et aujourd’hui, on n’ose plus oser.

C’est sûr, un échec n’est jamais agréable. On comprend facilement qu’on puisse trouver le confort, la facilité ou le connu plus enviables. Mais en fuyant la prise de risque, on se prive de tellement d’opportunités et d’expériences riches que la vie a à nous offrir. Et paradoxalement, cette attitude ne protège pas de l’échec.

L’échec fait partie de la vie

L’échec fait partie inhérente de la vie. C’est comme ça. Il n’existe pas une seule personne sur terre qui n’ait jamais échoué, c’est à dire qui ait réussi à accomplir, invariablement, chaque objectif qu’elle s’était fixée.

Si l’échec est inévitable, c’est en partie parce que beaucoup d’évènements dans nos vies échappent à notre contrôle. Il suffit d’une entreprise qui fait faillite, une maladie qui nous tombe dessus ou un fournisseur malhonnête pour qu’on se retrouve à abandonner un projet. On a beau avoir pris milles précautions, ça, on ne pouvait pas le prévoir.

Une vision constructive de l’échec

Si l’échec est inévitable, comment se fait-il que certaines personnes affirment n’avoir jamais connu de véritable échec ?

Ce n’est pas qu’elles ont tout réussi. C’est qu’elles envisagent l’échec différemment. Un échec, c’est quand on n’a rien gagné et qu’on a juste perdu. Si on a réussi à en tirer quelque chose de positif, est-ce que c’est vraiment un échec ?

Imaginons que tu te lances dans des études de droit. Au bout de 3 ans et demi, tu te rends compte que malgré tous tes efforts, tu ne te vois absolument pas t’épanouir dans cette branche. Tu peux le voir comme un échec. Après tout, c’est 3 ans et demi de ta vie, de ton énergie, que tu as mis dans un objectif que tu n’atteindras jamais : obtenir ton diplôme de droit.
Ou tu peux voir cette expérience comme une source d’apprentissage : certes, il t’a fallu 3 ans et demi, mais cela t’a permis de réaliser que le droit n’était pas fait pour toi, et de comprendre pourquoi. Tu n’as peut être pas atteint ton objectif de départ, mais tu en as atteint d’autres : tu t’es prouvé que tu es capable de travailler dur pour atteindre un résultat, que tu aimes rendre service aux autres, que tu n’es pas prêt.e à compromettre tes valeurs et ton éthique au nom de ta carrière… Tu peux maintenant te rediriger vers une autre branche plus adaptée à tes envies et à tes aspirations parce que tu te connais mieux. Et au passage, tu as fait des rencontres merveilleuses et emmagasiné quelques notions de droit qui te serviront peut-être un jour.

Cette attitude ne t’empêche pas d’être déçu.e, mais elle te permet de rebondir plus rapidement et de ne pas garder de cette expérience un goût amer dans la bouche.

On a toujours le choix de l’attitude qu’on adopte face à l’échec. Click To Tweet

Est-ce qu’on décide de le considérer comme une catastrophe, ou comme une opportunité ?

Accueillir les échecs comme des opportunités

Lorsqu’une porte se ferme, il y en a une qui s’ouvre. Malheureusement, nous perdons tellement de temps à contempler la porte fermée, que nous ne voyons pas celle qui vient de s’ouvrir. Alexander Graham Bell

Ce sont les échecs et les épreuves qu’on traverse qui nous aiguillent, nous forcent à opérer des changements de cap, à ajuster sa trajectoire.

Si tout fonctionnait toujours parfaitement, on ne serait jamais incité à apprendre et à évoluer. Ce sont les échecs qui poussent à se remettre en question.

Les meilleures idées ou solutions créatives naissent souvent des obstacles auxquels on a dû faire face. La mise en échec oblige à contourner l’obstacle, à trouver un plan B, une façon plus intelligente ou plus sûre de faire les choses. Si tout marchait toujours comme prévu, à quoi bon innover ?

C’est souvent après coup qu’on réalise ce qu’un échec nous a apporté. Click To Tweet

Par exemple, un licenciement qui a forcé à prendre un virage dans une direction qui nous convenait mieux.

Sur le moment, ce n’est pas toujours facile d’avoir le recul pour le reconnaître. C’est là que ça compte d’avoir confiance, de se dire “là, maintenant, j’ai du mal à voir les retombées positives de cet échec, mais je sais qu’il y en aura et je vais tout faire pour les faire émerger”.