Créatif comme un enfant

Aujourd’hui, Bloomr te livre le secret ultime pour tout comprendre de la créativité : regarde vivre un enfant de moins de 3 ans.

Il t’apprendra tout ce que tu as besoin de savoir, c’est un expert en la matière. Il n’y a qu’à voir les trésors d’ingéniosité dont un enfant est capable pour atteindre le haut d’une étagère, le dessus d’une table ou pour s’emparer d’un objet convoité.

A cet âge-là, les enfants sont des esprits libres. Leur vision du monde est encore vierge de tout préjugé et tout jugement. Ils se fichent bien des règles, des codes, et des normes. La “bonne” façon de faire ne veut rien dire. Ridicule, improbable ou impossible ne font pas encore partie de leur vocabulaire.

Quand il découvre une cuillère pour la première fois, l’enfant ne sait pas qu’il est censé s’en servir uniquement pour manger. Il se sent libre de l’utiliser comme bon lui semble, d’imaginer, de détourner et d’expérimenter, et il ne s’en prive pas. La cuillère peut devenir tour à tour instrument de musique, marteau, ou miroir.

Pour lui, tout est à découvrir et à inventer. Chaque objet, chaque expérience est une nouveauté. Il aborde la vie avec une curiosité folle et un oeil innocent.
Il passe son temps à observer, à scruter son environnement dans les moindre détails et à s’émerveiller de la moindre feuille morte ou du moindre trou dans le mur pour y glisser un doigt.
D’ailleurs, il a toujours milles questions à la bouche pour comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont.

C’est peut-être dans ses jeux que l’enfant est le plus créatif. Il invente des histoires, des mondes imaginaires, des façons originales d’utiliser tel ou tel objet, des mots…
C’est par le jeu qu’il apprend, qu’il tisse des liens et se construit. Un entonnoir surmonté d’un ballon devient une glace, et un bol de graviers un gâteau au chocolat. Qu’importe si l’imitation ressemble à l’original ou non.

L’enfant crée pour le simple plaisir de créer, sans quête de résultat particulier. Il ne se pose pas la question de savoir s’il est créatif avant d’empoigner un crayon et de se mettre à dessiner. Il n’a pas la pression de réussir, de bien faire, de faire beau ou mieux que les autres. Il fait, c’est tout, comme il en a envie.

Comment se fait-il que nous, adultes, ayons perdu cette spontanéité ? Pourquoi la créativité a-t-elle perdu cette simplicité ?

Pourquoi ne savons-nous plus créer par simple plaisir ? Click To Tweet

En fait, cette spontanéité, l’enfant la perd très vite, rattrapé et conditionné par notre vision d’adulte.
Chez un enfant de 7 ans, déjà, la créativité n’a plus autant d’innocence. Certes, il a encore un esprit très imaginatif, peut passer des heures à s’inventer pirate ou institutrice ou plongé dans les travaux manuels et poser dix questions à la seconde. Mais, déjà, il y a une attente de résultat lorsqu’il crée. Il se demande s’il fait bien et cherche l’approbation, il se laisse brider par le regard des autres.

Si les premières années de sa vie étaient surtout consacrées au jeu, très vite on lui impose des règles. Il n’a plus autant de liberté de rêver et d’imaginer.
Le monde perd de sa nouveauté. Il intègre progressivement l’usage de chaque chose et les bonnes manières.

On lui apprend qu’il y a un temps pour jouer et un temps pour être sérieux et travailler.
A grand renfort de “Regarde, c’est comme ça qu’il faut faire”, on lui apprend que les choses se font d’une certaine façon, on lui apprend à colorier sans déborder.

On lui apprend qu’un dessin peut être “réussi”…et donc qu’il peut aussi être raté, qu’on peut juger la créativité.

Sans le vouloir, on lui retire peu à peu ce goût de la découverte quand, lassés de son millième pourquoi de la journée (Et pourquoi le ciel est bleu ? Et pourquoi Mamie Sabine a les cheveux gris ? Et pourquoi les escargots ont pas de jambes ?) on lui dit qu’il nous fatigue avec toutes ses questions. Ou quand on s’impatiente parce qu’il s’arrête à chaque fleur et chaque brin d’herbe sur le chemin de l’école.
D’ailleurs, l’école n’arrange pas les choses. L’école française qui évalue, note, compare, norme.

Petit à petit, les enfants perdent beaucoup de leur innocence, leur curiosité, et leur étincelle créative, happés par le désir de bien faire ou de faire correctement aux yeux des autres.

Nous, adultes, les avons poussés à désapprendre à être créatifs. Pas par mauvaise intention, mais parce que nous avons perdu cette capacité à imaginer, à contempler, à s’émerveiller des petites choses. Cette volonté de questionner comment le monde fonctionne et pourquoi.

Nous sommes devenus plus terre à terre, bardés d’idées reçues et de préjugés. Nous n’osons plus faire autrement ou différemment, trop soucieux du jugement des autres, des codes à respecter et des modes d’emplois. A force de vouloir rentrer dans un moule pour appartenir au groupe, nous avons réprimé notre originalité.
La créativité est devenue, à nos yeux, la chasse gardée des artistes.

C’est dommage, parce que nous en avons bien besoin de cette créativité, dans notre vie professionnelle et personnelle. Ce n’est pas pour rien qu’elle est considérée comme une des compétences clés du siècle.

Je ne parle pas juste de la créativité artistique. Contrairement à une idée reçue, la créativité est partout, dans tous les domaines (oui, même en comptabilité), mais sous différentes formes. Certains seront créatifs dans le mélange des saveurs, des couleurs ou dans l’assemblage des mots, certains dans la transformation d’objets, d’autres dans la construction ou dans la résolution de problèmes complexes.

Heureusement, on peut se reconnecter à cette créativité innocente de l’enfance. L’élan est encore en nous, quelque part, si on le laisse s’exprimer, si on parvient à “se foutre la paix”, comme dirait Fabrice Midal.

Pour cela, prenons exemple sur les enfants. Inspirons-nous de leur attitude, de leur curiosité, de leur enthousiasme et de leur force de vie.

Ré-apprenons à lâcher prise pour rouvrir les vannes de l’imagination, à nous libérer de nos croyances et nos barrières, à nous détacher du jugement des autres. Non, la créativité n’est pas réservé à un lot d’heureux élus. Il y’a mille façons d’être créatifs, dans tous les domaines, la créativité ne se limite pas à avoir de l’imagination ou inventer des choses nouvelles.

Retrouvons la curiosité de nos tendres années, cette capacité à regarder le monde comme si nous le voyions pour la première fois, à s’émerveiller de tout, à s’interroger sur la façon dont il fonctionne et à remettre en question l’ordre établi. Pour cela, mettons-nous dans la tête d’un enfant quand on aborde une situation nouvelle : dans quel état d’esprit serait-il ? Qu’est-ce que ça ferait de ne pas avoir d’idées préconçues, de préjugés, et de simplement suivre son instinct et son envie ?

Multiplions les expériences nouvelles, sortons de la routine pour aller à la rencontre de nouvelles personnes, paysages, et cultures. C’est comme ça qu’on pourra faire des mélanges à notre sauce pour trouver des idées et des solutions originales.

Savourons le plaisir de créer pour créer, sans quête de résultat, sans arrière-pensées de réussite. Click To Tweet